Archives de la catégorie ‘Ernest pignon ernest’

REALISATIONS DANS  l’ESPACE PUBLIQUE 

( art du visuel / Art de l’espace.  ) 

L’artiste est avant tout un être humain doté d’une sensibilité et d’un regard sur son époque. Il lui arrive donc de prendre partie sur l’histoire de son pays, les événements politiques ou sociaux auxquels il assiste ou vit réellement.

ANALYSE COMPARATIVE ENTRE TROIS ARTISTES :

Banksy, Ernest Pignon Ernest, JR

Techniques utilisées :

  • Ernest Pignon-Ernest dessine de nombreuses études qui donnent naissance aux œuvres ensuite exposées. Exemples : dessin à l’encre. Les œuvres exposées sont la plupart du temps des sérigraphies. La sérigraphie est une technique dérivée du pochoir, elle permet de produire, par impression avec une encre épaisse, une image en de multiples exemplaires.Le collage de ses images sur les murs sont des installations in-situ (=prévues pour un lieu précis).
  • Jr est photographe, la technique est donc la photographie. Les portraits font l’objet de tirages gigantesques à l’échelle des lieux où elles sont installées : murs, façade d’immeuble, pont, toits…
  • Banksy peint des pochoirs et des écrits sur les murs. Il utilise la peinture en aérosol et des pinceaux.

LES SUJETS ABORDES

  • Ernest Pignon-Ernest aborde des sujets de société : l’exclusion (Les expulsés), les injustices, les fléaux (le sida), le racisme…
  • Jr met en avant des personnes anonymes, des inconnus, des victimes de situations politiques, de guerre, de situations économiques difficiles (Face2Face, Women are Heroes)
  • Banksy aborde des sujets de société, il est pour la liberté , la justice, contre la guerre, la famine et tous les fléaux causés par l’homme. Il dénonce les inégalités.

Points communs:

  • Ils produisent des œuvres qui font réagir et réfléchir.
  • Leurs œuvres sont accessibles à tous. Leur art est exposé volontairement en dehors des institutions comme le musée et la galerie d’art. Il s’agit aussi d’un engagement.
  • Leurs interventions sont généralement urbaines.
  • Leurs œuvres sont éphémères, elles disparaissent avec le temps, les intempéries, les interventions humaines.
  • Ils représentent très souvent la figure humaine, des personnes anonymes. Ces représentations sont à l’échelle humaine ou gigantesques.
  • Ils sont engagés politiquement et socialement. Ils dénoncent des injustices (Les expulsés, Soweto de E Pignon-Ernest)

des faits de société (Banksy, contre la guerre),des situations politiques (JR, Face2Face)

JR et Banksy sont tous les deux intervenus sur le mur de séparation entre Israël et la Palestine à Gaza pour Banksy et à Jérusalem pour JR.

  • Ils produisent des œuvres qui sont des multiples (plusieurs exemplaires possibles), ce qui remet en question le fait qu’une œuvre d’art doivent être unique : sérigraphies (Pignon-Ernest), pochoirs (Banksy), photos (JR)
  • Les œuvres sont souvent en noir et blanc.

 Différences entre ces artistes :

  • Les techniques utilisées sont différentes, sérigraphies, peinture au pochoir et écrits, photographie.
  • Les tailles des œuvres diffèrent.
  • Ils réalisent et exposent leurs œuvres avec ou sans autorisation. Sans autorisation concernant une partie des œuvres
    de Ernest Pignon-Ernest et de Jr (au début), maintenant le plus souvent autorisées.Toujours créées de manière illicite pour Banksy.
  • Ils utilisent l’humour : Banksy (dérision, comique de situation) et JR (grimaces des personnages) ou pas : Ernest Pignon-Ernest traite ses sujets de manière plus grave.

 En quoi sont -ils des artistes engagés?

Ils sont engagés par les sujets qu’ils abordent. Ils prennent parti pour ou contre des idées, des faits, des évènements passés ou contemporains. Ils bravent des interdits : expositions sauvages et d’envergure. Ils exposent des idées engagées.

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ernest pignon 1               img_4309

Il a apposé des images peintes, de personnes dans le désarroi, chômeurs, dessinées, sérigraphiées sur du papier fragile, sur les murs des cités, dans des cabines téléphoniques, qui se marient à l’architecture urbaine, et acceptées par les populations qui les défendent même de leur dégradation lente (Naples). Ernest Pignon-Ernest dénonce l’art construit pour les musées et expositions...au début il y a un lieu, un lieu de vie sur lequel je souhaite travailler. J’essaie d’en comprendre, d’en saisir à la fois tout ce qui s’y voit : l’espace, la lumière, les couleurs… et, dans le même mouvement ce qui ne se voit pas, ne se voit plus : l’histoire, les souvenirs enfouis, la charge symbolique… Dans ce lieu réel saisi
ainsi dans sa complexité, je viens inscrire un élément de fiction, une image (le plus souvent d’un corps à l’échelle 1). Cette insertion vise à la fois à faire du lieu un espace plastique et à en travailler la mémoire, en révéler, perturber, exacerber la symbolique
… Ernest Pignon Ernest.

ernest pignon 3

http://www.wat.tv/video/rencontre-avec-ernest-pignon-3037v_2i6xp_.html

  •  ERNEST PIGNON ERNEST Né en 1942 

Découper la silhouette d’une image forte, d’un personnage sur un pochoir pour la dessiner ou la peindre sur un support naturel ou urbain (rocher, mur) : une façon d’interpeller les passants pour les tirer de l’indifférence,c’est ainsi qu’E. Pignon.E  est devenu le précurseur du street art. « Je fais remonter à la surface enfouie, les souvenirs oubliés, je réactive leur potentiel symbolique ».

Processus inédit, le travail de cet artiste est composé d’images peintes ou sérigraphiées sur du papier. Ensuite  apposées sur des murs ou dans des cabines téléphoniques, ces affiches se fondent dans le décor urbain.Leurs photographies, avant la dégradation ou la destruction, permettent, outre de garder une trace, de saisir l’interaction entre l’oeuvre et le passant.

Dans les années soixante-dix, il réalise des séries très politiques dont le message est explicitement annoncé par les titres : La Commune, 1971 ; Les Hommes bloqués, 1972 ;Jumelage Nice-Le Cap, 1974 ; Sur l’avortement, les Immigrés, 1975 ; Expulsions, 1979.

A partir de 1980, il fait référence à l’histoire de l’art avec Pasolini (1980), Rubens, les Musiciens (1982), puis réalise les interventions napolitaines. Il exécute également entre 1982 et 1984, un ensemble de sculptures, les Arbrorigènes : Il réalise des moulages de corps auxquels il injecte des cellules végétales, puis les personnages sont installés dans des arbres, in situ, dans les Landes, au jardin des Plantes à Paris… Ils sont peu à peu recouverts de végétation.

 E. Pignon Ernest précise « ce que je colle sur les murs, c’est une image et non un trompe-l’oeil ». Depuis 1974, il prend les photos de ses oeuvres lui-même. Malgré ces réserves, la photo est le moyen qui restitue le mieux sa démarche, mais « l’oeuvre c’est l’intervention de mes dessins dans la rue ».

Parti en 2001 pour Johannesburg avec l’intention d’y mener un projet sur le caractère multiculturel du pays, il a été amené à changer de thème en découvrant sur place la gravité de la pandémie de sida et en écoutant les sollicitations des organisations qui luttent contre l’hécatombe annoncée. Après de nombreuses rencontres dans les hôpitaux, les dispensaires, les crèches et en liaison avec les associations, Ernest Pignon-Ernest a élaboré une image, née de l’écoute de ceux qui vivent au cœur de ce drame contemporain. Sérigraphiée sur place à plusieurs centaines d’exemplaires, il l’a collée, accompagné des habitants, sur les murs des quartiers particulièrement touchés de Warwick à Durban et de Kliptown à Soweto » (source Wikipédia)

Etude Johannesburg 2002
Encre sur papier
57.5 x 37 cm

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